Paris, vendredi 13 : au moins 129 morts dans des attaques terroristes

Au moins 129 personnes ont été tuées dans plusieurs attaques terroristes sans précédent à Paris et dans le secteur du Stade de France vendredi soir, notamment dans la grande salle de spectacle du Bataclan où a eu lieu une prise d’otages. Ces attentats surviennent dix mois après les attaques de janvier.


Le déroulé exact des attentats du 13 novembre

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu ce samedi à 19 heures une conférence de presse dans laquelle il a livré le déroulé exact des attentats de vendredi soir et donné des premières précisions quant au profil des terroristes.

Le procureur a annoncé que le bilan actuel est de 129 morts, 352 blessés dont au moins 99 en état d’urgence absolue, tout en précisant que c’est un premier état des lieux «provisoire et évolutif compte tenu du nombre de blessés». Ce sont bien sept terroristes qui ont fait usage de «fusils d’assaut de type kalachnikov de calibre 7-62mm» et d’un «dispositif explosif identique visant à faire un maximum de victimes en se donnant mort».

21h20. Lors du match France-Allemagne au Stade de France, «une première explosion a retenti rue Jules-Rimet à Saint-Denis, porte D». Deux corps ont été retrouvés. Le premier est celui du kamikaze portant un gilet explosif composé de «TATP, de piles, de boulons, et de boutons poussoirs». La seconde victime est un passant qui a été soufflé par l’explosion.

21h25. Au bar le Carillon et devant le restaurant le Petit Cambodge à l’angle de la rue Alibert et de la rue Bichat, des assaillants ont fait irruption armés de «fusils d’assaut de type kalachnikov». Ils étaient à bord d’un «véhicule noir pouvant être de marque Seat et de type Leon». Sur place, a été découvert une «centaine douilles de calibre 7-62». Le bilan est de 15 décès et de 10 victimes en «urgence absolue».

21h30. Près du Stade de France, toujours rue Jules-Rimet, porte H, un kamikaze porteur d’un dispositif «identique à celui du premier kamikaze» a fait exploser son gilet, causant sa propre mort.

21h32. A l’angle de la rue de la Fontaine au Roi et de la rue du Faubourg-du-Temple, au bar la Bonne bière, des assaillants à bord d’un véhicule «de couleur noire et de marque Seat» tuent 5 personnes et en blessent 8 autres. Elles sont toujours dans une «urgence absolue». Là encore, une centaine de douilles de calibre 7-62mm est retrouvé.

21h36. Au 92, rue Charonne, au restaurant la belle équipe, des «individus à bord là encore d’une Seat de couleur noire» tirent plusieurs rafales causant la mort de 19 personnes. De nouveau, une centaine de douilles de calibre 7-62 est retrouvée.

21h40. Au bar le Comptoir Voltaire, au 23 boulevard Voltaire, un kamikaze actionne un «dispositif explosif identique» aux deux premiers kamikazes du Stade de France. Une personne est grièvement blessée, et d’autres «plus légèrement».

21h40. Trois individus équipés d’armes de guerre, arrivent à la salle de concert le Bataclan à bord d’une Polo noire. «Ils entrent dans la salle et tirent en rafale en plein concert» avant de «prendre en otage les occupants dans la fosse». Selon le procureur de la République, «ils ont évoqué la Syrie et l’Irak». La BRI et le Raid donnent l’assaut à 00h20, au cours duquel trois terroristes se sont donné la mort en actionnant leur gilet d’explosifs, tandis qu’un autre a été tué par les forces de l’ordre bien qu’ayant aussi activé son gilet. Le bilan fait état de «89 morts et de très nombreux blessés». François Molins a tenu à préciser : «Je ne peux être plus précis sur le déroulé des crimes terroristes compte tenu nombre de victimes et de la configuration des lieux.» 

21h53. Une troisième explosion a lieu, rue de la Cokerie, près du stade de France. Le corps d’un kamikaze est retrouvé.

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Les premières identifications

Selon le procureur de la République, il est très vraisemblable que «trois équipes coordonnées [soient] à l’origine» des attaques. Selon les premiers éléments de l’enquête, «le terroriste auteur de la prise d’otage du Bataclan a été formellement identifié». Il est né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes dans l’Essone et est connu «pour des délis de droit commun» (8 condamnations entre 2004 et 2010). L’individu n’a «jamais été incarcéré», mais faisait l’objet d’une fiche S depuis 2010 pour radicalisation, «sans jamais être impliqué». Un passeport d’un individu né en 1990 en Syrie a également été trouvé. Selon le procureur, «il n’est pas connu des services de renseignement français».

Trois interpellations

L’un des deux véhicules, la Polo de couleur noire est immatriculée en Belgique et a été louée par un «individu de nationalité française résidant en Belgique qui a fait l’objet d’un contrôle à la frontière belge samedi matin». A bord du véhicule se trouvaient également deux autres personnes «résidant dans la région de Bruxelles».

Le parquet fédéral belge a ouvert une enquête spécifique, et les autorités judiciaires belges ont procédé à l’interpellation de trois individus. François Molins a toutefois précisé : «Je ne souhaite pas m’exprimer d’avantage pour préserver les opérations de perquisition qui sont en cours en Belgique». Et qu’il s’agit d’individus «qui ne sont pas connus des services de renseignement français».

Les attaques ont bien été revendiquées par le groupe Etat islamique via des «vidéos, communiqués écrits, et montages sonores».

© LIBERATION

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