Nice : la France visée un soir de Fête Nationale

Une attaque a fait des dizaines de victimes sur la promenade des Anglaisau soir très symbolique du 14 Juillet.

A la tête de l’Etat, on a vécu en apnée pendant tout l’Euro de football, redoutant chaque jour un nouvel attentat. Mais jeudi soir, c’est un symbole autrement plus important qui a été visé, celui de la Fête nationale. Un camion a foncé sur la foule réunie à Nice sur la promenade des Anglais pendant le feu d’artifice, vers 22h30. Douze heures pile après le défilé militaire sur les Champs-Elysées, la Marseillaise entonnée par 500 enfants sur la place de la Concorde et l’interview présidentielle. Difficile de faire plus emblématique comme timing. Difficile aussi de marquer plus les esprits qu’en s’en prenant à des spectacteurs venus en famille assister au bouquet final d’un jour férié.

L’exécutif évoque un «très lourd bilan». On parle désormais de plus de 60 morts et des dizaines de blessés. «Les investigations sont en cours sur le camion et l’hypothèse d’un acte terroriste est vraisemblable», explique une source gouvernementale.


Hollande rentre illico d’Avignon


Bernard Cazeneuve a informé le président et le Premier ministre vers 23h30 et François Hollande, qui passait la soirée au festival d’Avignon, a immédiatement décidé de rentrer à Paris. Manuel Valls a activé la cellule de crise interministérielle. Vers minuit, Valls s’est rendu place Beauvau pour la réunion de crise avec les directeurs des services de sécurité (DGPN, DGPN…) où doit le rejoindre le chef de l’Etat.

Le ministère de l’Intérieur est resté silencieux dans un premier temps, laissant les autorités locales – le préfet et l’ex-maire de Nice, Christian Estrosi – communiquer. Au sommet de l’Etat, on était visiblement soucieux de ne pas répandre la panique alors qu’à Paris la foule est encore en train de se disperser après le feu d’artifice.


Stress sécuritaire intense


Peu après 22h30, un camion blanc s’est mis à foncer délibérément sur la foule au moment du feu d’artifice du 14 Juillet, tiré sur le bord de mer. Selon une source gouvernementale, il y avait à bord «au moins un individu qui a été neutralisé par la police». Le porte-parole du ministère a revanche démenti toute prise d’otage à Nice.

Juste après minuit, Bernard Cazeneuve est parti du ministère de l’Intérieur pour se rendre à Nice. Dans une audition menée à huis clos en mai à l’Assemblée, Patrick Calvar, le patron du renseignement intérieur en France, se disait «persuadé» que Daech allait faire évoluer son mode opératoire en France. Pendant l’Euro, qui s’est terminé dimanche dernier, l’exécutif a vécu dans un «état de stress sécuritaire intense», confiait un ministre en début de semaine.

Pendant son intervention traditionnelle du 14 juillet, François Hollande a confirmé à la mi-journée la levée de l’état d’urgence le 26 juillet, huit mois après son instauration au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis. « On ne peut pas prolonger éternellement l’état d’urgence, avait fait valoir le président. Nous avons maintenant une loi permettant d’agir contre le terrorisme.» Le chef de l’Etat a aussi annoncé le déploiement de conseillers militaires français pour appuyer l’armée irakienne à Mossoul contre l’Etat islamique: «Nous devons frapper et frapper fort au moment où Daech commence à fléchir.»

Laure Bretton

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